Afrikaburn, récit & confection de lunettes de glacier

Afrikaburn, petit frère du Burning man, est un festival qui se situe près du parc national Tankwa Karoo, à 300km de Cape Town en Afrique du Sud. Après avoir fait le plein de fuel dans la dernière ville avant d’arriver sur le lieu de l’événement, il faut réaliser près de 150km dans un desert semi-aride. Sur ces 150km, il y a 113km où la route est recouverte de cailloux et est formée de petites bosses infinies qui ont affolement agités notre petite voiture de location. De quoi se faire des frayeurs surtout quand on croise des cadavres de pneus sur le bord de la route. Alors on roule doucement, très lentement, on ne dépasse pas les 30km/h. Donc avoir un 4×4 pour cette route c’est un peu le pied. C’est le cas de le dire car ils n’hésitent pas à appuyer sur la pédale, même un peu trop car c’est souvent eux que l’on croise sur le bas-coté avec des pneus éclatés. Et quand ces bolides te dépassent, les nuages de fumée qu’ils provoquent sur la « dirty road » t’occulte complètement la vue, et il faut fermer les fenêtres malgré la chaleur afin d’éviter de respirer la poussière. Tu avances dans le flou total, alors, tu ralentis. Si eux mettent 1h30 pour arriver, nous on mettra plus de 4heures.

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Petite pause sur la route

Un portail nous annonce notre arrivée dans le Tankwa village, le village créé pour le festival. On allume le poste radio pour écouter l’unique fréquence captée dans le coin, celle de l’Afrikaburn. L’épreuve de ce désert hostile à notre voiture de ville est terminée, et on ne peut être que joyeux d’être reçu par les grandes acclamations des bénévoles du site. Après avoir recueilli le précieux bracelet, le couple qui nous accompagne, et qui sera notre guide dans l’aventure, nous amène à l’endroit réservé pour les premières fois à l’Afrikaburn. On sonne le gong et on se roule plusieurs fois par terre dans la poussière du desert. Nous voilà « burners » !

Il nous faut maintenant établir le campement. Le vent est au rendez-vous et la poussière frappe notre visage, c’est le moment de mettre les lunettes de glacier que j’ai confectionné pour l’occasion.

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J’ai récupéré une boite en plastique arrondie pour maintenir les pièces de cuir.

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Les principes de l’Afrikaburn sont clairement expliqués dans le « survival guide » qui est donné avec le bracelet, mais également sur leur site internet. Il faut bien s’informer avant de venir, ce n’est pas un festival comme les autres !

  • Leaving no trace : l’endroit doit rester à l’état sauvage, on doit le laisser comme il a été trouvé avant que l’humain ne soit venu même mieux encore. Les festivaliers sont très respectueux de cette règle, si quelqu’un ose ne serait-ce que faire tomber une allumette, une autre personne la ramassera juste après.
  • Gifting : Pas d’argent à Tankwa Town, tout est basé sur le don. Et sans obligatoirement recevoir en échange. Je n’avais pas bien compris ce principe au début, je pensais qu’il fallait troquer. Et c’est pour cela que j’avais ramené mes créations. Mais non, non tu ramènes des cadeaux et tu donnes parce que tu en as envie, et c’est incroyable. Je trouve les interactions avec les autres différentes, il y a plus de légèreté mais c’est en même temps plein de sens.
  • Artworks : Des artistes viennent exprimer leurs arts par d’impressionnantes constructions de bois qui seront brûlées à la fin du festival.
  • Bring your own water : Pas d’eau, pas d’électricité, cela requiert donc un minimum d’organisation avant de venir, comme prévoir une glacière pour garder des aliments frais, car les températures désertiques peuvent grimper rapidement.

 

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Les véhicules Mutants

 

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Plante du desert

 

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Il y a bien sûr beaucoup d’autres principes caractérisant ce festival à comprendre et à respecter. Malheureusement, nous avions prévu de rester que 3jours sur 8 jours de festival, ce qui est bien trop peu. Nous ne pensions pas rencontrer des personnes aussi bienveillantes, en nous prêtant du matériel pour notre campement et en nous éclairant sur certains points. L’entraide est un élément essentiel à Tankwa Town.

Nous n’avons pas vu les constructions de bois brûler sonnant la fin du festival. J’imagine ce moment de façon très émouvante, avec des gens nus courir un peu partout comme on nous là déjà raconté x) Mais c’est toujours très triste de quitter un lieu comme celui-ci où les personnes sont libérées de leurs filtres, de leurs routines et ici de l’argent en plus. Cela reste utopique car ce n’est qu’à court terme mais c’est surement pour cela que c’est très beau car éphémère.

Il est déjà temps pour nous de regagner la « dirty road », une route toujours aussi menaçante qu’à l’aller. Des heures et des heures dans le desert, jusqu’à arriver au panneau  : « Tare in 10km ».

 


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